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Où sont passées les baleines ?

Baleine a bosse
baleine à la Réunion

Saison 2026 : où sont passées les baleines à bosse.

Mi-septembre, la saison des baleines entre dans sa dernière semaine officielle. Les bateaux rentrent souvent sans souffle à raconter, les groupes WhatsApp sont silencieux, et la question revient partout sur la côte ouest : où sont-elles ? La réponse tient en une phrase : les baleines à bosse de l’hémisphère sud sont bien là, en pleine forme, mais elles ont passé cet hiver austral ailleurs. Comprendre pourquoi demande de remonter à six mois en arrière et à 5 000 kilomètres au sud, dans les eaux glacées de l’Antarctique.

Une saison parmi les plus maigres depuis vingt ans.

Il faut d’abord poser les faits, sans dramatiser. Des baleines ont été observées à La Réunion en 2026. La première a été signalée dès le 27 mai au large de Saint-Gilles, et des individus ont transité le long du littoral tout au long de la saison. Un couple mère-baleineau a même stationné plusieurs semaines près des côtes en août.

Ce qui manque, c’est le flux. À la mi-août, période qui correspond habituellement au pic de fréquentation, l’association Globice — qui assure le suivi scientifique des cétacés réunionnais depuis 2004 — n’avait identifié qu’une dizaine d’individus différents. À titre de comparaison, la saison 2023 avait été une année record avec plusieurs centaines de baleines photo-identifiées. L’écart est vertigineux, et il rappelle une réalité que les données de Globice documentent depuis vingt ans : selon les saisons, le nombre d’individus identifiés à La Réunion oscille entre une dizaine et plus d’un millier. La variabilité d’une année sur l’autre fait partie du phénomène.

Elles sont ailleurs, et on sait plutôt bien où.

Les baleines à bosse de l’océan Indien sud-ouest ne fréquentent pas un site unique. Elles disposent d’un vaste ensemble de zones de reproduction : Madagascar, les Comores, Mayotte, les Mascareignes, le canal du Mozambique, les côtes de Tanzanie et d’Afrique du Sud. Chaque année, la répartition change.

En 2026, Madagascar a capté l’essentiel du trafic. Selon Globice, la Grande Île a enregistré environ vingt fois plus d’observations que La Réunion depuis le début de la saison. La saison précédente avait montré un schéma comparable : peu de baleines dans les Mascareignes et à Mayotte, mais des concentrations importantes au Mozambique, sur le banc de l’Étoile à l’extrême sud de Madagascar, et jusque sur la côte est australienne.

Un point mérite d’être souligné, parce qu’il coupe court aux interprétations alarmistes : la population elle-même se porte bien. Depuis l’arrêt de la chasse industrielle, les effectifs de baleines à bosse de l’hémisphère sud sont remontés à environ 100 000 individus. Ce qui varie, c’est leur adresse d’hiver, pas leur nombre.

Tout se décide en Antarctique, six mois avant.

Le mécanisme est plus simple qu’il n’y paraît. Pendant l’été austral, les baleines à bosse se gavent de krill dans les eaux antarctiques. Ces petits crustacés constituent l’unique carburant d’une migration de plusieurs milliers de kilomètres, effectuée quasiment à jeun. Une baleine à bosse ne se nourrit pratiquement pas pendant son séjour tropical : elle dépense les réserves accumulées au sud.

De cette logistique découle une conséquence directe : la zone de reproduction choisie dépend largement de la zone où l’animal s’est alimenté. Une baleine qui a fait ses réserves dans le secteur austral situé au sud de l’Afrique remontera préférentiellement vers le Mozambique ou Madagascar. Une autre, partie du secteur australien, ira vers l’Australie orientale.

Or l’abondance du krill se déplace. Elle dépend de la production de phytoplancton, elle-même liée à la couverture de glace de mer, à la température de l’eau et aux courants. Les scientifiques de Globice suivent d’ailleurs les concentrations de chlorophylle dans l’océan Austral comme indicateur avancé. Quand la ressource se raréfie avant la migration, en avril-mai, deux effets se cumulent : la distribution des baleines sur les zones de reproduction se redessine, et certains individus écourtent leur séjour tropical pour redescendre plus vite se nourrir. Ajoutons que la contraction des saisons de glace impose aux baleines une adaptation continue de leurs routes. C’est la piste d’explication la plus solide aujourd’hui, mais elle reste une piste : personne ne sait encore prédire de façon fiable où les baleines choisiront d’aller.

Ce que ça change concrètement pour les visiteurs.

Pour la filière d’observation en mer, l’année est difficile. Les sorties « mégafaune » se vendent sur la promesse d’un spectacle, et cette promesse a été rarement tenue. Avant de réserver une sortie en fin de saison, il est utile de vérifier deux choses : les observations récentes publiées par Globice, et la garantie proposée par l’opérateur en cas d’absence d’observation.

Cela ne vide pas le programme, loin de là. Les dauphins résidents — grands dauphins de l’Indo-Pacifique et dauphins à long bec — fréquentent la côte ouest toute l’année, indépendamment de la saison des baleines. L’observation depuis la terre reste gratuite et sans impact : Saint-Leu et le secteur du Souffleur, la Pointe au Sel, Boucan Canot, le Gouffre de l’Étang-Salé, Grande Anse.

Et il y a le ciel. Une année pauvre en baleines est le bon moment pour déplacer le regard vers ce que l’île offre en permanence, et qui ne dépend d’aucune migration : le Piton de la Fournaise, les trois cirques, le Trou de Fer, les remparts de Mafate. Vu du ciel en ULM, ce patrimoine géologique est disponible toute l’année, par tous les hivers australs. Il arrive d’ailleurs, en longeant le littoral, d’apercevoir un souffle ou une silhouette claire sous la surface. Une rencontre en prime, jamais un objectif : les cétacés ne se poursuivent ni en mer ni depuis les airs.

Reviendront-elles ?

Très probablement, oui. L’histoire des suivis réunionnais est faite d’alternances : des saisons creuses suivies d’années exceptionnelles, sans tendance de fond à la désertion. Les eaux de La Réunion conservent tous les atouts qui en font une nurserie recherchée : température, relief sous-marin, proximité immédiate de la côte.

Ce qu’on ne peut pas faire, c’est annoncer une bonne saison 2027. L’indice le plus utile arrivera vers avril-mai prochain, avec l’état des ressources de l’océan Austral et les premiers signalements le long des côtes africaines. Les baleines, elles, auront déjà décidé.


Sources : Globice Réunion (suivis et bilans de saison), Préfecture de La Réunion (réglementation de l’observation des cétacés, arrêtés n°944 du 4 juin 2025 et n°1098 du 27 juin 2025), Réunion la 1ère.

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ARNAUD

Futur pilote professionnel d’hélicoptère, Arnaud, passionné par la troisième dimension, sait faire voler tout ce qui peut tenir en l’air. Grâce à sa grande connaissance de la Réunion, il vous fera découvrir notre île en toute sécurité et avec sa bonne humeur.

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Un pilote professionnel chevronné, également instructeur avion, 2700 heures de vol malgré son jeune âge, Alex le Réunionnais se devait d’intégrer le staff d’Air Aventures.

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Ancien mécanicien d’équipage sur Transall, pilote de planeur, pilote d’hélicoptère et passionné d’ULM. Il intègre notre équipe et réalise deux traversées Réunion, Madagascar, Mayotte à bord d’un ULM d’Air Aventures.

LIONEL

Après une carrière de navigant dans l’armée de l’air sur Transall C160 et Super Puma, je crée l’entreprise Air-Aventures pour vous faire découvrir cette île magnifique qu’est la Réunion, mais aussi pour faire votre apprentissage au pilotage. Je mets à votre disposition mon expérience aéronautique pour que voler soit un plaisir et synonyme de sécurité.